lundi 31 juillet 2017

Yamaguchi Yoshiko (山口 淑子) alias Li Xianglan - Seven Great Singing Stars (Fr)

Si elle n'est peut-être pas la source d'inspiration officielle de Satoshi Kon pour l'un de ses fameux films d'animation, voici une actrice-chanteuse-députée à la vie digne d'un roman, passée des ténèbres de la guerre sino-japonaise à la lumière du combat pour la réconciliation des peuples: Yamaguchi Yoshiko (山口 淑子) alias Yamaguchi Shirley, alias Ri Kôran, alias Pan Shuhua, alias Li Xianglan... !!

Yamaguchi Yoshiko (Li Xianglan...)

Millenium Actress



1e publication : 31/07/2017
Dernière MaJ: 08/08/2017



Présentation

En 1940

Yamaguchi Yoshiko (山口 淑子) est née en 1920 de parents japonais installés en Mandchourie (la Corée voisine est déjà un protectorat japonais). Le Japon envahit bientôt la province chinoise sous le prétexte d'un attentat contre son chemin de fer en construction. Ce passage est célèbrement mentionné dans l'album de Tintin "Le Lotus bleu"...  
Yamaguchi est parrainée par des amis de son père, Chinois, qui la prénomment Xianglan (orchidée parfumée) et Shuhua à l'âge de 13 ans. C'est sous le nom Li Xianglan, retranscrit Ri Kôran (李香蘭) en japonais qu'elle débute à 18 ans sa carrière d'actrice dans des films de propagande japonais à destination du public chinois. 
Après un déménagement à Shanghai, où elle emprunte parfois le nom de Pan Shuhua d'après le nom de la famille qui l'héberge,  elle devient également une chanteuse très célèbre, considérée comme l'une des "Seven Great Singing Stars" chinoises de l'époque (Qi Da Gexing), en particulier grâce à son inoubliable interprétation du titre  Ye Lai Xiang. Jeune, elle avait en effet appris le chant occidental, en tant que soprano, pour retrouver du souffle après une tuberculose. De fait, beaucoup pensaient qu'elle était réellement chinoise ; et même si les journaux japonais d'alors avaient prévenu le public lors d'une tournée, il est rapporté que certains spectateurs la trouvaient quand même "trop chinoise".

Après la défaite japonaise, elle est d'ailleurs arrêtée par le gouvernement nationaliste chinois pour traîtrise et espionnage, et elle n'évite la peine de mort que grâce à l'intervention d'un ami ayant retrouvé son acte de naissance japonais ! Elle présente ses excuses pour s'être fait passée pour Chinoise et est libérée. Elle déménage au Japon en 1946 et reprend son vrai nom pour tourner sous la direction notamment du grand Kurosawa Akira (Scandal).
Dans les années 50, elle mène en parallèle une carrière aux Etats-Unis sous le prénom Shirley, et revient à son pseudo Li Xianglan dans quelques films hongkongais. Elle épouse en secondes noces un ambassadeur en poste en Birmanie (Myanmar), Ôtaka Hiroshi, et abandonne sa carrière d'actrice. Elle revient au Japon et devient consultante à la télévision à la fin des années 60.

Election de 1974
Elle est élue à l'équivalent du Sénat en 1974 en tant que membre du Parti Libéral Démocrate (droite, alors au pouvoir) et réélue 2 fois. Elle sera en pointe du militantisme pour la reconnaissance des exactions japonaises, en particulier en Chine et pour l'indemnisation des "Comfort women", essentiellement des Coréennes et Chinoises esclaves sexuelles de l'armée japonaise, devenant vice-présidente du Asian Women's Fund. Elle est décédée en septembre 2014.


Chibi-opinion

Yamaguchi Yoshiko incarne à elle seule toute l'histoire moderne du Japon, de sa soif de colonisation "à l'occidentale" de l'Asie, à sa quête de rédemption et de "soft power" !
Au chant, inutile de dire qu'elle fut l'une des plus grande de son temps, sa nomination au sein du club des "Seven Great Singing Stars" chinoises en est la preuve. Elle incarne alors cette époque post-restauration Meiji, où le Japon, tentant de rivaliser avec les puissances occidentales par peur d'être à son tour colonisé, devient boulimique de ces cultures et savoirs étrangers. Elle apprend le chant classique auprès d'une professeur russe, et ses chansons populaires reflètent les airs occidentaux ou occidentalisés à la mode à l'époque (rumba, opérette...), appelés "littéralement" Ryûkôka, qui seront à la source du courant japonais Kayôkyoku dans les années 50-70s.

Au Asian Women's Fund

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Grands Classiques :

Interprète originelle :

- Ye Lai Xiang
-  Dai Ni Yume
...


Discographie (sélection) :

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Densetsu no Utahime Li Xianglan no Sekai / Li Xianglan (Yoshiko Yamaguchi)
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Liens:


Sources : Japantimes.com, Straitstimes.com, Wikipédia JP

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